Seigneurie de Tilly

Paroisse Saint-Antoine de Tilly   (suite...)

 

Église Saint-Antoine de Pade

Toutefois, en 1721, la petite chapelle de bois tombait littéralement en ruines. Les marguilliers de l'oeuvre et fabrique de Saint-Antoine de Tilly, Jean Cochon, Pierre Lallemand et Jean Grenon se décidèrent enfin de rebâtir l'église et de construire un presbytère. Ils présentèrent à cet effet une requête à l'intendant le priant d'ordonner aux habitants de la paroisse de s'assembler afin de nommer quatre d'entre eux pour faire un état estimatif des dépenses pour ces constructions, et ensuite établir la répartition de ce que chacun serait tenu de contribuer.

Le 19 mai 1721, l’intendant Bégon rendait son ordonnance. Les habitants de Saint-Antoine de Tilly avaient ordre de s’assembler pour décider s'ils devaient:

                 1 - réparer la vieille chapelle ou construire une église nouvelle
                 2 - construire en bois ou en pierre
                 3 - choisir quatre habitants chargés de faire l’état estimatif du coût des travaux
                 4 - fixer la répartition.

Les paroissiens de Saint-Antoine de Tilly se réunirent et décidèrent de rebâtir en pierre et sur le terrain donné par le sieur Le Gardeur, à quelques pieds au nord de l’église actuelle. Commencés dans l’été de 1721, les travaux furent terminés à l’automne de la même année. Le 23 août 1721, l'intendant de la Nouvelle-France émet une ordonnance condamnant 11 paroissiens dont "la veuve de Louis Rognon, Marie-Anne Grenon", « à payer au marguillier en charge de la paroisse, la somme qu'ils doivent pour payer la bâtisse du presbytère de ladite paroisse.» L'église servira au culte pendant 67 ans seulement. En 1788, une nouvelle construction remplacera l'édifice actuel.

Le 20 septembre 1721, M. de Vaudreuil, gouverneur et lieutenant-général de la Nouvelle-France, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, et M. Bégon, intendant, déterminaient le district et l'étendue de chacune des paroisses de la Nouvelle-France. du fief de la Côte de Lauzon jusqu'au fief de Ste-Croix. L'étendue de la paroisse de Saint-Antoine de Tilly était donc de trois lieues et un quart de front sur le fleuve Saint-Laurent, et une lieue et demi de profondeur

Nouvelle seigneure de Saint-Antoine de Tilly

Après le décès de Pierre-Noël Le Gardeur, le 15 août 1720, son épouse, Madeleine Boucher effectue son premier devoir de seigneur. Elle se rend à Québec rendre foi et hommages à son seigneur et roi devant l'intendant Bégon. Elle pose un genou par terre et se déclare vassale du roi. C’était un geste symbolique par lequel elle doit prouver son engagement envers son roi. Par la même occasion, elle demande à l'intendant Bégon de procéder au dénombrement des censitaires de la seigneurie de Tilly dont elle vient d'hériter.

Cet autre devoir d'aveu et dénombrement du seigneur est de fournir le dénombrement et le répertoire complet des terres concédées, les noms des censitaires et l’étendue des montants déterminés comme cens et rentes. Le seigneur doit aussi réserver le bois de chêne pour la construction des vaisseaux du roi. Il doit surtout y tenir feu et lieu, c'est-à-dire construire un manoir, y habiter et faire ériger un moulin à farine pour ses censitaires. Ces derniers peuvent vendre leur terre, mais celui qui achète doit concéder au seigneur le douzième du prix de vente. C’est le droit de lot et de vente. Mais si on se donne la terre de père en fils on ne doit rien du tout. Les censitaires avaient des redevances envers le seigneur; c’est ce qu’on appelait les cens et rentes qui devaient être payées une fois par année à la Saint-Martin, le 11 novembre et parfois on pouvait attendre à la Saint-Michel.

La plupart de ces vaillants défricheurs ont permis aux familles de se multiplier et de contribuer à la fierté du beau comté de Lotbinière.

Répartition des familles de Saint-Antoine de Tilly

En étudiant le résultat du dénombrement terminé en 1723 on remarque que la concession de Jacques Baron, père, apparaît au neuvième rang de la liste. C'est ce même Jacques Baron qui était voisin de la terre appartenant à la fabrique de Saint-Antoine. Le voisin immédiat du côté ouest est son fils Jacques Baron qui avait épousé, le 17 novembre 1721, M.-Anne Grenon, veuve de notre ancêtre Louis Rognon, fils de Michel Rognon dit Laroche. Elle était sage-femme et demeurait à environ six ou sept arpents de l'église. Elle a ondoyé plusieurs nouveaux-nés en danger de mort. C'est pourquoi on retrace souvent le nom de la "bonne femme Rognon", "la veuve Rognon", "la bonne femme Baron" dans les registres de la paroisse Saint-Antoine de Tilly.

Nos recherches nous ont permis de découvrir qu'à cette date, il n'y avait aucune famille Rognon ayant une concession à ce nom. Ce n'est que quelques années plus tard que les garçons Rognon obtinrent des terres par l'entremise de leurs épouses; les Baron, les Bergeron, les Charest, les Croteau, les Garneau, les Houde, et plusieurs autres.

Vers 1774, nous avons retracé des familles Rognon qui avaient changé leur nom pour celui de Laroche. Nous n'avons toutefois pu trouver la raison de ce changement de nom. Est-ce que, après la conquête par les anglais, les jeunes Rognon voulurent adopter le nom de soldat de leur ancêtre, Michel Rognon dit Laroche, c'est possible… Le nom de Rognon n'apparaît plus dans les registres de Lotbinière après 1800. 

Suite au prochain Larochette.....

 Claudette Laroche, membre no.199        

Bibliographie:

Histoire Populaire du Québec;

Réjean Brousseau: - Saint-Antoine de Tilly (1988)
Dictionnaire historique et géographique des paroisses et municipalités de la province de Québec
Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale
Insinuations du Conseil Souverain
Cahiers d’intendance, concessions en fiefs.

Village de Saint-Antoine-de-Tilly

Municipalité de Saint-Antoine-de-Tilly