Seigneurie de Neuville

 ou

Seigneurie de Pointe-aux-Trembles 

 
La seigneurie de Dombourg était également appelée seigneurie de Pointe-aux-Trembles. Ce nom vient de ce qu'autrefois la pointe où est construite l'église était couverte de bouleaux et de trembles. (1)
 
Le 11 septembre 1654, le seigneur Jean-François Bourdon-Dombourg perd sa mère, Jacqueline Potel. Il est âgé de 7 ans.  Il accompagne sa belle-mère , Anne Gasnier,  lors de ses voyages pour recruter les filles du roi.
 

Après la mort de son père, il suit Anne Gasnier en France où il décide d'embrasser la carrière de navigateur. Il s'établit à La Rochelle. Après avoir épousé Jeanne Jeannier, il devint seigneur de la Pinaudière.

 
Jean-François Bourdon-Dombourg profita donc du fait qu'il était navigateur et qu'il faisait de nombreux voyages entre La Rochelle et Québec pour ramener la machinerie nécessaire à la construction du moulin à farine qui devait inciter les censitaires à choisir de s'installer dans sa seigneurie.  Ainsi, dès 1668, il signe avec Mathurin Morisset, bourgeois de La Rochelle, un contrat au greffe du notaire Becquet pour la construction d'un moulin à vent au prix de 600 livres tournois. (2)  
 
Cette initiative lui permit de remettre des concessions pour toutes les terres du Premier Rang, de St-Augustin jusqu'à Pont-Rouge . Notre ancêtre Michel Rognon occupait le quatrième lot à l'est de la seigneurie. Sa terre était située entre celles de Charles Delorice et Charles Davault dit Laplante. (3)  

La seigneurie de Dombourg était également appelée Pointe-aux-Trembles parce que la pointe où est construite l'église était couverte de bouleaux ou de trembles.

Jean-François Dombourg étant presque continuellement en voyage et n'ayant pas de relève pour s'occuper du peuplement de sa seigneurie, il prit la décision d'offrir ses terres en vente à son voisin le seigneur Nicolas Dupont, sieur de Neuville. Le 12 novembre 1680, dans le cahier d'intendance no 2 des concessions en fiefs, on retrouve un acte de vente sous seing privé de Jean François Bourdon, sieur de Dombourg à Nicolas Dupont, sieur de Neuville, conseiller au Conseil Souverain, de la terre, fief et seigneurie dite Dombourg ou la Pointe-aux-Trembles. (4) 

 Chronologie

Le 27 avril 1683, MM. Lefebvre de la Barre et de Meules, gouverneur et intendant de la Nouvelle France, remirent l'acte de concession à Nicolas Dupont, écuyer, sieur de Neuville, conseiller au Conseil Souverain de ce pays, de "l'espace de terre de front qui est enclos entre son fief de Neuville et le fief de la Pointe-aux Écureux, sur la même profondeur de son dit fief de Neuville, laquelle étendue de terre sera unie, jointe et incorporée au fief et seigneurie de Neuville" Aux mêmes droits de fief et justice que le dit Dupont de Neuville tient son dit fief. (5)  À la suite de cette acquisition, la seigneurie de Dombourg ou de Pointe-aux-Trembles fut dès lors reconnue comme la seigneurie de Neuville.

 

Le sieur de Neuville avait été anobli par le roi Louis XIV et nommé au Conseil souverain de la Nouvelle-France en 1670. Plus tard le roi le nomma à vie à ce poste. Il était l'un des plus importants membres de Conseil souverain dont il était le doyen lorsqu'il mourut, en 1716, à l'âge de 84 ans.
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À son décès, la seigneurie de Neuville fut administrée par la famille: d'abord son petit-fils, Nicolas-Marie Renaud d'Avènes des Méloizes, de 1716 à 1743. 

Sa veuve, Angélique Chartier de Lotbinière des Méloizes prit la relève de son époux avec ses six enfants jusqu'en 1757. En janvier 1757, le cadet des enfants de la seigneuresse, Nicolas-Marie Renaud d'Avènes des Méloizes II acquit une partie des parts de ses frères et sœurs et devint le seigneur "primitif" de la Seigneurie de Neuville. Il acquit par la suite toutes les parts de la seigneurie et devint le seul propriétaire succédant à sa mère comme seigneur de Neuville.

 
Le Seigneur Nicolas-Marie Renaud d'Avènes des Méloizes reçut la permission du gouvernement anglais de disposer de ses biens. Le 14 février 1765, il fit publier dans la Gazette de Québec par l'entremise du notaire J.-A Saillant de Collégien, une annonce pour vendre sa seigneurie. À ce moment, seulement un tiers de la superficie était concédée. Dans la première concession, il y avait plus de 80 terres sur le bord du fleuve, et une vingtaine d'autres dans le deuxième rang. La seigneurie rapportait bon an mal an, 3 753 livres tournois, 18 sols et 11 deniers à son propriétaire.7
 
C'est finalement Joseph Brassard Deschenaux qui l'acheta pour la somme de 45 000 £, le 9 septembre 1765.
 
9 septembre 1765. Acte de vente de Nicolas Renaud d'Avènes des Méloizes, chevalier de Saint-Louis, tant en son nom comme héritier de feu Nicolas Marie Renaud d'Avènes des Méloizes que comme ayant les droits cédés de sa mère, de ses frères et de ses soeurs, à Joseph Brassard Deschenaux de la terre, fief et seigneurie de Neuville dite Pointe-aux Trembles. [Greffe de Jean Saillant, notaire à Québec, 9 septembre 1765. Pièce détachée aux Archives de la province de Québec.]

16 mars 1781.  Acte de foi et hommage de Joseph Brassard Deschenaux pour le fief et seigneurie de Neuville.   [Fois et hommages, régime anglais, cahier l, folio 251.]

25 février 1782.  Aveu et dénombrement de Joseph Brassard Deschenaux pour le fief et seigneurie de Neuville. [Aveux et dénombrements, régime anglais, cahier l, folios 420 et 444.] 
 
5 juin 1793.  Testament de Joseph Brassard Deschenaux par lequel il lègue entre autres choses, tous les biens nobles qu'il délaissera au jour de son décès à Charles-Joseph Deschenaux, curé de l'Ancienne-Lorette, son fils aîné, Pierre-Louis Deschenaux, son fils puîné, Madeleine Deschenaux, femme de Guillaume de Lorîmier, et Josephte Deschenaux, femme de Michel Launière, ses quatre enfants, pour être les dits biens nobles partagés selon leur nature et suivant les lois de cette Province. [Greffe de Joseph Planté, notaire à Québec, 5 juin 1793. Pièce détachée aux Archives de la province de Québec.] 

12 mars 1806. Acte de vente de Michel Gamelin Launière et Josephte Deschenaux, son épouse, à messire Joseph Brassard. Deschenaux, curé de L'Ancienne-Lorette, d'un sixième au total du fief et seigneurie de Neuville. [Greffe de Jean-Baptiste Badeau, notaire aux Trois-Rivières, 12 mars 1806.]
26 juin 1828. Testament de messire Charles-Joseph Deschenaux, par lequel il lègue, entre autres biens, la propriété des cinq sixièmes de la seigneurie de Neuville, qui lui appartiennent à dame Adélaïde Launière, épouse d'Edouard Larue. [Greffe d'Antoine-A. Parant, notaire à Québec, 26 juin 1828. Pièce détachée aux Archives de la province de Québec.]

12 juin 1835. Acte de foi et hommage d'Edouard Larue, tant en son nom que pour Adélaïde Launière, son épouse, pour les cinq sixièmes indivis du fief et seigneurie de Neuville. [Fois et hommages. régime anglais, cahier 4, folio 1.]

29 octobre 1859  Cadastre de la seigneurie de Neuville, appartenant à Charles et Eugène Larue et al., clos le 29 octobre 1859, par Siméon Lelièvre, écuyer, commissaire (no. 24 ) [Archives de la province de Québec]
 

Bibliographie

1 - Dictionnaire historique et géographique des paroisses et municipalités de la Province de Québec (page 379)

2 - Neuville 1667-2000 - 333 années d'histoire pp. 22 et 97

3 - Marc Rouleau, Terroir de Neuville.

4 - Cahier d'intendance no. 2, concessions en fiefs, folio 662 (page 22)

5 - Insinuations du Conseil Souverain, cahier 2, folio 26, (page 59) Publié aussi dans Pièces et documents relatifs à la tenure seigneuriale, p. 339.

6 - Neuville 1667-2000 - 333 années d'histoire p. 23-24

7 - Fois et hommages, régime français, cahier 2, folio 138 et Aveux et dénombrements, régime français, cahier 2, folio 250. (page 37)
8 - Ordonnances des intendants, cahier 27, folio 42. Publiée dans Edits et Ordonnances, vol. III, p. 328.
9 - Ordonnances des Intendants, cahier 34, folio 70. Publiée dans Edits et Ordonnance», vol. III, p. 367