Le parcours d’une famille Laroche vers les États-Unis
Première partie  - De Lotbinière aux Cantons-de-l'Est

Auteur :  Richard LaRoche, membre #359
Traduit de l’anglais par : Georges  Vaillancourt

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Ce récit raconte le long parcours de mes ancêtres qui débute dans une colonie sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, puis se déplace de l'intérieur des terres de St-Flavien-de-Lotbinière vers les Cantons de l'Est du Québec, pour se conclure aux États-Unis. Cette histoire comprend deux parties: les relocalisations au Canada et l’émigration aux États-Unis.

 Jacques Laroche, mon ancêtre à la 5e génération, fut un agriculteur pendant toute sa vie passée dans trois paroisses du comté de Lotbinière. Il est né à Saint-Antoine-de-Tilly en 1802.  C’est à cet endroit en 1820, qu’il épouse à 17 ans, Josette Desrochers qui est alors âgée de 16 ans. D’après le recensement de 1831, Jacques et Josette se sont établis avec leur famille à 13 km en amont dans la paroisse de Ste-Croix. Quelque part entre les recensements de 1842 et 1851, la famille déménage à l'intérieur des terres, à 16 km du fleuve Saint-Laurent, à St-Flavien où Jacques aurait apparemment terminé sa vie. Le recensement canadien de 1871 indique que Jacques, alors âgé de 71 ans et veuf, vivait encore à St-Flavien dans la demeure de son fils François-Xavier.

 Ensemble, Jacques et Josette ont élevé dix enfants, huit garçons et deux filles. Trois de leurs enfants se sont mariés et se sont installés à Sainte-Croix, quatre autres à St-Flavien, et les trois autres dans les Cantons de l'Est du Québec à plus de 160 km de St-Flavien. Leur deuxième fils Élie fut le premier à partir, suivi plus tard par Jacob et Germain.

 Pourquoi les trois frères se sont-ils déplacés si loin du reste de la famille? Ils furent  apparemment attirés dans les Cantons de l'Est par l’espoir d'un travail bien rémunéré ainsi que par d’autres opportunités. En effet, au milieu des années 1800, Sherbrooke était devenue un centre textile avec la création de la première usine de fabrication de coton du Canada en 1844  et celle du moulin à laine en 1867.  Pendant la même période, il se produisait un boom économique causé par la construction du chemin de fer à travers les Cantons de l'Est. Des dizaines de sociétés de chemin de fer  étaient ainsi en compétition pour le territoire et les marchés. Un réseau de lignes ferroviaires locales et régionales était en construction et au final, c’est la ligne de la Société du Grand Tronc entre Montréal et le port de Portland au Maine qui devint le chemin de fer majeur dans cette région.

 Les frères  Élie, Jacob et Germain Laroche furent parmi les premiers colons canadiens-français à  s’établir à Sherbrooke et dans des villages de comté de Compton:

·         Élie s’est d’abord établi à Sherbrooke où il  épousa Margaret Boyle en 1849.  en 1853, on les retrouve tous les deux à Eaton Corners dans le comté de Compton où la première messe de Eaton Corners fut célébrée dans leur maison

·         Jacob épousa Mary McCafferty à Compton en 1859 et Germain épousa Euphémie Sevigny-Lafleur à Cookshire en 1869.

Germain était agriculteur alors qu’Élie et Jacob étaient forgerons et exerçaient respectivement leur métier des les villages d’Eaton Corners et de Sawyerville dans le comté de Compton

 Selon les recensements canadiens, mon arrière-arrière grand-père Ferdinand Laroche rejoignit ses trois frères dans le comté de Compton quand il déménagea sa famille de St-Flavien à Newport quelque part entre 1871 et 1881. Quand Ferdinand est arrivé dans le comté de Compton, la prospérité que ses frères avaient trouvée à leur arrivée était rapidement en train de s'estomper. Il n'a pas fallu longtemps avant que Ferdinand décide que l'avenir de sa famille se trouvait de l’autre côté de la frontière des États-Unis.

Voir les sources

 (à suivre dans la partie 2).     Retour à la page d'accueil

 

A Laroche Family Journey
Part 1 – From Lotbiniere to the Eastern Townships

By Richard LaRoche

 

This is the story of my family’s journey from settlements on the banks of the St. Lawrence River, inland to St-Flavien in Lotbiniere County and the Eastern Townships of Quebec, and eventual immigration to the United States.  The story is told in two parts – the relocation within Canada and the move to the United States.

 My great great great grandfather Jacques Laroche lived in three villages in Lotbiniere County during his lifetime.  Jacques, a lifelong farmer, was born in St-Antoine-de-Tilly in 1802.  At age 17, he married 16 year old Josette Desrochers there in 1820.  By the 1831 census, Jacques and Josette had moved their family eight miles upriver to the village of Ste-Croix.  Sometime between the 1842 and 1851 censuses, the family moved again – this time inland ten miles from the St. Lawrence River – to St-Flavien where Jacques apparently lived the rest of his life. The 1871 Canadian census showed Jacques, then a 71 year old widower, living with his son Francois-Xavier in St-Flavien.

 Together, Jacques and Josette raised ten children – eight boys and two girls.  Three were married and settled in Ste-Croix, four in St-Flavien, and three in the Eastern Townships of Quebec – over 100 miles from St-Flavien.  Their second son Elie was the first to leave, followed later by sons Jacob and Germain.

 What caused the three brothers to move so far away from the rest of the family?  They were apparently drawn to the Eastern Townships by the promise of work that paid well and opportunity.  In the mid 1800’s, Sherbrooke became a textile center with the establishment of Canada’s first cotton manufacturing plant in 1844 and wool plant in 1867.  At the same time, there was a railway construction boom across the Eastern Townships.  Dozens of railway companies competed for territory and markets. A network of local and regional rail lines were built, with the Grand Trunk Railway emerging as the major railway in the area with its line between Montreal and the seaport of Portland, Maine.  

 The brothers Elie, Jacob and Germain Laroche were among the early French Canadian settlers in Sherbrooke and villages of Compton County:

·         Elie initially settled in Sherbrooke and married Margaret Boyle in 1849.  By 1853 he and his wife were living in Eaton Corners in Compton County where the first Mass in Eaton Corners was celebrated in their home.

·         Jacob married Mary McCafferty in Compton in 1859 and Germain married Euphemie Sevigny-Lafleur in Cookshire in 1869. 

Germain was a farmer while Elie and Jacob were blacksmiths.  Both plied their trade in Compton County.  Elie was a blacksmith in the village of Eaton Corners and Jacob in the village of Sawyerville. 

 My great great grandfather Ferdinand Laroche joined his three brothers in Compton County when he relocated his family from St-Flavien to the township of Newport sometime between the 1871 and 1881 Canadian censuses.  By the time Ferdinand arrived in Compton County, the prosperity that his brothers found on their arrival was quickly fading.  It didn’t take Ferdinand long to decide that his family’s future lay across the border in the United States (to be continued in Part 2).  

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Sources:

  1.  Census of Canada for the years 1831, 1842, 1851, 1861, 1871, 1881

  2.  Répertoire  des Mariages (catholique) du Comté de Compton, 20 paroisses, du début des paroisses à 1992 inclusivement, relevé et compilé par La Société de Généalogie des Cantons de l’Est, Edition 1998

  3. La base de données généalogique de l'Association des Familles Laroche et Rochette

  4. The Canadian Encyclopedia online, populated places – Sherbrooke
  5. McCord Museum website, Railways in Canada, 1830-1918
  6. Townships Heritage WebMagazine, article titled “Rail Stations of the Eastern Townships”, by Matthew Farfan
  7. The Eastern Townships Gazetteer and General Business Directory, 1867 Edition