Association des
Familles Laroche et Rochette Inc.



	
Octave Laroche
8e génération
 
Octave Laroche est né à St-Pau1 de Chester le 21 mai 1863. Il est fils de
Ferdinand Laroche et de Philomène Pothier. Dans sa jeunesse il travailla chez
son père, jusqu'à l'âge de 25 ans, en 1888. Année où il épousa Vitaline
Montambeault. Il est le cinquième de la famille qui en 1888 comptait 13
enfants vivants, et aussi le quatrième à se marier.
Octave épousa Vitaline Montambeault le 27 août 1888 à Ste-Gertrude dans
le comté de Nico1et. En voiture à cheval la distance est longue pour
l'époque. Alors comment se fait-il qu'il ait connu une fille de si loin?
Vitaline avait une soeur du nom de Célina Montambeault qui était institutrice
à St-Pau1 de Chester et qui avait épousé en 1886, Xavier-Damase Roberge et
demeurait à St-Paul. Alors Vitaline a dû sûrement rendre visite à sa seule
soeur en vie, car ses parents ont eu en tout 14 enfants, 9 sont morts bébé, 1
fille est morte à 16 ans, puis 2 garçons se sont mariés et 2 filles se sont
mariés. (voir section Montambeault) Vitaline perdit sa mère Marie Mailhot le
14 janvier 1902 âgée de 72 ans et 4 mois, et elle perdit son père qui vivait
toujours à Ste-Gertrude, le 2 décembre 1908 âgé de 81 ans. Le lendemain des
noces de Octave et de Vitaline, il y avait une autre noce à Arthabaska.
François le frère d'Octave, se maria le 28 août avec Marie-Louise Blais. Le
coeur était à la fête cette semaine là.

Famille Octave Laroche

1- Anna (Marie-Rose)Laroche née le 2 juillet 1889 à Tingwick
décédée le 4 juillet 1890 à St-Pau1 à 1 ans.

2- Wilfrid Laroche né le 25 février 1891 à St-Pau1
décédé le 20 novembre 1963 à Magog âgé de 72 ans.
marié le 8 juillet 1913 à Ste-Hélène de Chester
Angélina Bolduc
née le 20 novembre 1893 à Ste-Hé1ène
décédée? mars 1984 à Magog âgée de 89 ans et 4 mois.
Wilfrid aurait eu une fonderie à Magog. Il aurait donné à son fils unique
Jean-Paul Laroche, mais celui-ci n'opéra pas la fonderie longtemps.
Enfant: Jean-Paul Laroche né février 1924 Magog
1°mariage 1 juillet 1946 Magog, Doris Côté
née 15 août 1924 Magog
enfant: Andrée Laroche née 20 mai 1949 Magog
marié 17 août 1968 Magog, Jean-Claude Dubreuil
enfants: -Annie Dubreuil née 29 mars 1970
            -Caroline Dubreuil née 21 janvier 1972
2°mariage 31 mars 1973 Magog, Thérèse Guay
née 3 juillet 1924 St-Julien

3- Alphonsine-Éveline Laroche née le 26 janvier 1893 à St-Pau1
décédée le 18 août 1893 à St-Pau1 âgée de 6 mois et 23 jours.

4- Wellie Laroche né le 18 juin 1894 à St-Pau1
décédé le 21 octobre 1957 à Asbestos âgé de 63 ans.
marié le 11 juillet 1916 à St-Pau1 de Chester
Nellie Poisson née? octobre 1897
décédée le 29 janvier 1981 à Asbestos âgée de 83 ans et 3 mois.
Wellie cultiva une terre à Asbestos sur le chemin en direction de
St-Georges de Windsor. Il fut aussi employé à la John Manvi11e (mine
d'amiante). Ils eurent 4 enfants:
-Richard Laroche né 19 septembre 1918 St-Paul Chester
décédé 10 novembre 1984
marié le 21 août 1943 Tingwick, Liliane Perreault
née 26 mars 1921
Enfants: -Jocelyne Laroche née 2 novembre 1944, marié à Serge Grimard
-Réjean Laroche né 18 juin 1946, marié à Gisèle Lemay
-Lise Laroche née 17 août 1947, marié à Luc Roy
-Yvan Laroche né 28 septembre 1948, marié à Jeanne Toutant
-Denis Laroche né 28 novembre 1949, marié à Ginette Lavigne
-Jacques Laroche né 12 février 1955
-Anne-Lucie Laroche née 2 septembre 1956, marié à Serge Lefebvre
-Jacinthe Laroche née 14 décembre 1958, marié à Michel Pelletier
-François-Serge Laroche né 10 mai 1960
-Raymond Laroche né 21 juin 1921 Asbestos
décédé 9 juillet 1988
marié le 17 août 1940 St-Rémi de Tingwick, Adrienne Pellerin
née 23 août 1918, décédée 22 août 1989
Enfants: -Gaétan Laroche né 28 août 1941, marié à Ghislaine Leblanc
-Mireille Laroche née 7 avril 1943, marié à Jacques Marcotte
-Nicole Laroche née 3 août 1948, marié à Claude Lavigne
-Sylvie Laroche née 19 février 1954, marié à Richard Beaulieu
-Jean-Yves Laroche né 4 juillet 1957
-Line Laroche née 7 août 1958, marié à Daniel Sawyer
-Johanne Laroche née 2 mars 1960 Drummondville
marié 17 mai 1986 Drummondville, Jean Parenteau
Enfants:     -Francis Parenteau né 26 septembre 1986
-Emilie-Sophie Parenteau née 29 juillet 1990
-Bruno Laroche né 5 décembre 1933
marié 31 août 1957, Dorothy McKenna
née 31 juillet 1936
Enfants:     -Carole Laroche née 8 mai 1958, marié à André Vaillant
-Marc Laroche né 25 juin 1959, marié à Germaine ?
-Lorraine Laroche née 11 mars 1961
-Annick Laroche née 24 décembre 1966, marié à Gary ?
-Suzanne Laroche née 7 août 1938
marié le 24 septembre 1960, Réal Groleau
né 24 décembre 1937
Enfants:     -Hélène Groleau née 6 septembre 1961
marié à West Lake, Louisianne, USA
avec Wayne Blanchard
-Kathleen Groleau née 19 octobre 1964 avec Erik Lanzer
enfants:     -Jessica Lanzer
-Robert Lanzer
-Pierre Groleau né 30 juillet 1967
marié à Lori Dowland
enfants:     -Daniel Groleau
-Patrick Groleau

5- Rebecca Laroche née 28 juin 1895 à St-Paul de Chester
décédée le 3 décembre 1979 à St-Jean-Baptiste Vianney âgée de 84 ans.
marié le 28 juin 1915 à St-Paul de Chester
Paul Grenier né le 28 août 1893
décédé le 29 mars 1969 âgé de 75 ans à St-Jean-Baptiste Vianney
cultivateur à St-Jean-Baptiste Vianney (voisin de St-Ferdinand)
11 enfants:
-Réjeanne Grenier née 4 juin 1916
-Gaston Grenier né 29 juin 1917
-Harnol Grenier
-Pauline Grenier
marié à Alphée Martineau
-Yvelle Grenier née 18 mars 1924, décédée 16 septembre 2002 Hôtel-Dieu Arthabaska,78 ans
marié à Benoit Therrien
Enfants:    -Jacinthe Grenier
-Jocelyne Grenier
-Sylvie Grenier, marié à Claude Beauchamp
-Anne Grenier, marié à Jacques Simoneau
-Cécile Grenier
-Madeleine Grenier, religieuse
-Marcel Grenier, frère mariste
-Gildor Grenier
-Marien Grenier Dr
-Jeanne-Mance Grenier, marié à Armand Breton

6- Paul Laroche (mon grand-père), né le 23 septembre 1898 à St-Paul de Chester
décédé le 1 mars 1962 à Québec, inhumé à Asbestos
marié le 23 août 1920 à St-Georges de Windsor
Florida Grondin née le 6 janvier 1901 à St-Georges de Windsor
décédée le 6 octobre 1973 à Asbestos
cultivateur à St-Georges de Windsor, 17 enfants.[voir génération suivante]

7- Anna la roche née le 3 octobre 1900 à St-Paul de Chester
décédée le 4 janvier 1989 à Kingsey-Falls âgée de 88 ans
marié le 8 septembre 1919 à St-Paul de Chester
Adélard Bolduc né le 18 mai 1898 à Ste-Hélène
décédé le 14 avril 1977 à Kingsey-Falls âgé de 78 ans et Il mois
Cultivateur à Kingsey-Falls, 3 enfants:
-Simone-Annette Bolduc née 27 janvier 1921 Ste-Hélène Chester
décédée 3 août 1921 Ste-Hélène Chester à 7 mois
-Rolland Bolduc né 14 décembre 1921 Ste-Hélène Chester
décédé 2 octobre 1989 dans un accident auto
marié 5 juin 1945 Kingsey-Falls, Louise Cantin
-Alcide Bolduc né 9 mai 1923 Ste-Hélène Chester
-marié 18 septembre 1944 St-Lucien, Germaine Rivard
 née 6 février 1921
enfants:        -Mariette Bolduc
   -Jeanne-Mance Bolduc
   -Nicole Bolduc
   -Sylvain Bolduc
   -Mario Bolduc

8- Albert Laroche né le 2 septembre 1902 à St-Paul de Chester
décédé le 29 août 1979 à Windsor âgé de 77 ans
marié le 22 août 1922 à St-Paul de Chester
Marie-Ange Pellerin née le 26 septembre 1902 à St-Paul
décédée 18 juin 1973 à Windsor âgée de 71 ans
Cultivateur d'abord à St-Paul, puis au rang Craig à Tingwick. Il vend la
terre de Tingwick en 1944 à Alfred Roberge et devient homme d'affaire à
Windsor. Ils ont eu 6 enfants:
-Félicien Laroche né 6 août 1923 St-Paul Chester
marié 20 juin 1946 Windsor, Cécile St-Laurent
-Laurianne Laroche née 11 août 1924 St-Paul Chester
marié 18 février 1947 Windsor, Léon Desaulnier
-Raynald Laroche né 30 juillet 1925 St-Paul Chester
décédé août 1988, accident d'avion (co-pilote)
-Paul-Emile Laroche né 21 juin 1926 St-Paul Chester
-Germain Laroche né 17 avril 1928 St-Paul Chester
-Jeanne-Mance Laroche (adoptée)

9- Armand Laroche né le 9 juin 1908 à St-Paul de Chester
1°mariage le 30 août 1927 à St-Norbert
Rose Dupuis née 5 avril 1911
décédée le 21 mai 1954 à Victoriaville âgée de 43 ans et 1 mois.
Cultivateur d'abord 2 ans avec son père au rang Craig de St-Paul et
ensuite 9 ans au 4e rang de Ste-Hélène. Ensuite il passa un hiver comme
ouvrier à St-Ferdinand puis il acheta une terre à Tingwick (4e rang en bas du
village) en juillet 1939. Il garda son père pendant 3 mois. Celui-ci retourna
chez son fils Albert. Il vendit cette terre au printemps suivant et s'installa au
1er rang de Ste-Hélène (Trottier Mills). Vers 1946 il déménage à Victoriaville et
travaille comme ouvrier. Il se construit une maison sur le boulevard
Bois-Francs. Il aurait constuit environ 200 maison à Victoriaville
et 30 à St-Ferdinand.
Enfant:
-Marie-Jeanne-Noella née 14 janvier 1930 à Ste-Hélène
décédée le 15 janvier 1930 à Ste-Hélène
-Autre fille née 31 août 1932 décédée à la naissance
 Plus tard ils ont adopté une fille
-Livette Laroche née 13 avril 1935
marié à Robert ?

2°mariage de Armand le 7 janvier 1956 à Sherbrooke
Florestine Lambert née 1906 à Plessisville
décédée le 12 février 2002 à Victoriaville
Depuis le début des années "60" ils passent l'hiver en Floride et l'été à
Victoriaville jusqu'à la fin des années "80". Il vend sa maison en 1993. A 86
ans il conduit toujours son auto.

Les début avec ses 4 frères à St-Paul

Après son mariage, Octave cultiva d'abord une terre à Tingwick pendant
environ un an. l'aînée y est née en juillet 1889. Le 5 septembre 1889 Octave
reçoit comme héritage de son père Ferdinand une terre de 3 3/4 arpents de
front situé sur le rang Craig à 1/4 milles du 6e rang. Ses trois autres frères
Benjamin, François, et l'oncle Medié (Amédée) demeure tous voisins. La
famille Laroche était une famille très unie. leur père voulait qu'ils
demeurent ensembles. C'était quand même loin du village. Environ 5 ½ milles.
Il y avait peu de commodité tout près. lorsque les quatres frères sont
arrivés là, c'était pas défriché. C'était tout du bois debout. Arrivé en
plein bois, on s'est fait d'abord avec les arbres tout près, une cabane en
bois rond. les 4 frères s'entraidaient pour les gros travaux. Au début Octave
se construit aussi une batterie, petite grange pour éventuellement hiverné
les animaux qu'il aura bientôt, car au tout début n'ayant que du bois, il ne
pouvait pas avoir d'animaux n'ayant pas de terre et rien pour les nourrir.
Seul un boeuf leur venait en aide pour déplacer les gros morceaux et labourer
les premières pièces de terre neuve. Ayant beaucoup trop de bois et ne
sachant quoi en faire, après l'avoir coupé en le mettait en tas pour le
brûler. Ensuite on étendait la cendre et on labourait à travers les souches
restantes, et on commença à semer du sarrazin. C'était leur nourriture de
base à l'époque. On y fesait de la galette au sarrazin et du pain au
sarrazin.
Lorsque leur père acheta ces terres, il y avait la condition que
l'exploitation d'éventuelles mines puissent se faire. Alors une compagnie
s'installa et creusa des tunnels au marteau et à la pioche. On a réussi à y
extraire du fer, de l'acier, et un peu d'or. Aujourd'hui il y a encore un
tunnel de 300 pieds de long. Parfois les enfants d'Octave s'amusaient à se
rendre au fond du tunnel. le fanal s'éteindait à mi-chemin n'ayant pas assez
d'air. Ces mines étaient situées en face de chez Octave [un peu de biais] sur
la terre appartenant à son frère Medié (Amédée).
Plus tard on embellit la maison de bois rond avec de la planche et du
bardeau, si bien qu'on aurait pas dit que c'était une maison en bois rond.
Elle fut plus tard agrandie avec une cuisine d'été.
C'était énormément de travail à faire. les trois frères d'Octave finirent
par vendre leur terre. Benjamin a vendu sa terre et est allé rester plus loin
dans le 6e rang. Medié a vendu et est allé rester au 7 lot à St-Rémi de
Tingwick. Puis Octave a acheté la terre de François le 25 avril 1904.
Celui-ci était journalier à Biddeford, Maines au Etats-Unis. A l'époque la
terre de François était entre Charles Roux et Philippe Daigle d'un côté et
Octave de l'autre. Le prix de sa terre: $600.00. Plus tard on retrouvera
François demeurant à Windsor.
Ses trois frères sont partis, mais Octave a toffé. Le 18 janvier 1905, il
emprunte $200.00 de Alfred Beauchesne de Daveluyville, pour améliorer encore
sa terre.
Ce que les trois autres frères ont regretté, c'est que par la suite il
s'est bâti un moulin à scie tout près à 10 arpent (vers St-Paul) d'Octave. Et
ça fait comme un petit village. Il y eu beaucoup d'activités commerciales qui
se faisaient là. Une maison de pension s'y est construite, pour les passants.
C'est là que ça commence à marcher pour Octave, car ça faisait un endroit
proche pour vendre leur produit.

Habitude et coutume de Octave et Vitaline
Octave était un gros fumeur. Il plantait et récoltait son tabac lui-même.
Ses garçons n'ont pas fumé, sauf Albert qui aurait commencé à fumer vers 40
ans. Son fils Armand disait "On haïssait assez ça de voir fumer le père".
Octave fumait la pipe. Ca sentait la grosse pipe. Quand venait le temps
d'aller travailler, Octave disait souvent "Ben voyons, j'ai pas assez de
tabac dans ma blague. Ben voyons il me manque des allumettes." Les garçons
devaient l'attendre.
Octave faisait toujours sa bière. Il n'en manquait jamais. "les p'tits
gars allez chercher une bouteille à cave", disait-il. Il faisait sa bière
avec de l'orge qu'il avait semé.
Octave jouait du violon, et aimait giguer. Ses frères (à Octave), tous
chantaient, étaient musiciens. Ils avaient du plaisir ensemble. Ils se
voisinaient beaucoup. A l'été Octave partait avec Vitaline pendant 15 jours,
avec sa petite jument rouge à voiture à cheval et faisait le tour de ses
frères à Windsor, St-Georges, Tingwick etc. C'était une famille très unie.
De mémoire d'homme Octave aurait déjà été conseiller municipal à St-Paul.
Quand? (ce serait à vérifier). Dans le domaine social c'était un homme plutôt
tranquille.
Vitaline faisait de tout. Couturière, ménagère. Elle travaillait au
métier à tisser. Le métier restait monté dans la maison tout l'hiver. On le
démontait le printemps. Au début elle cardait sa laine elle-même. Ensuite
elle faisait sa laine au rouet. Elle tricotait tout ce qui était nécessaire
aux membres de la maison. On semait le lin, elle broyait le lin, peignait
et fillait le lin au rouet. Elle y faisait des draps de lits, des serviettes
à main, des serviettes à vaisselle etc.
Armand leur fils disait que Vitaline travaillait plus vite que Octave.
Vitaline en plus n'arrêtait que rarement. Elle travaillait vite et elle est
morte vite aussi. On l'a trouvé morte et ses frères et soeurs sont mort vite
de la même façon apparemment. Octave travaillait moins vite, mais c'était
comme une horloge, ça tenait le temps, ça arrêtait pas.
L'école était à environ 2 milles au milieu du 6e rang. l'hiver les gars
n'allait pas à l'école. La maîtresse gardait ceux qui était loin sauf les
p'tits gars. L'hiver Vitaline leur montrait aussi bien. Paul aurait fait une
3e où 4e année.
Octave avait l'habitude de dire quelle temps il ferait le lendemain. "Il
se trompait moins que les météorologues d'aujourd'hui. Rien qu'à regarder le
ciel, à force de remarquer avec le temps, il pouvait dire ce qu'il ferait
demain.
Octave avait un chien "colley" pure race. On n'avait pas besoin de lui
dire d'aller chercher les vaches. Quand venait l'heure, le chien partait seul
et revenait avec les vaches. Le chien avait accès à la maison. Quand la
famille s'assoyait à table, Octave lui donnait une bouchée de temps en temps.
Il y avait un banc derrière la table. Et le chien se couchait sous la table.
Octave était attaché à ce chien. Quand le chien est mort, les larmes ont
coulés.
Parfois ils avaient plusieurs chats, et les enfants s'attachaient aux
petits chats. Puis quand il y en avait trop, Vitaline disait "Il y a trop de
chats, il faudrait en noyer quelques'uns". Les enfants insistaient pour que
non. "Bon ben on les noieras à l'automne". Généralement les chats avaient
leur utilité pour contrôler la population de la vermine.
Des gens avaient construit un moulin à scie à environ une dizaine
d'arpents de chez eux. Vitaline faisait son beurre et allait vendre son
beurre et ses oeufs au moulin à scie. C'était un petit commerce pour eux.

Travaux de ferme
Au début on a probablement travaillé avec un boeuf, mais de mémoire
d'homme on utilisait généralement un cheval. Au début, comme déjà dit, il
fallait défriché. Après plusieurs années on pouvait essoucher. Au début on
défrichait beaucoup. Certaines années jusqu'à 7 à 8 arpents. Quand on a eu
assez grand de terre de faite, on ralentit dans le défrichage. Wilfrid le
plus vieux ayant grandi, aida au défrichage. Wilfrid était vaillant. Sur la
terre il y avait beaucoup de merisiers et d'épinettes. Il y avait beaucoup de
roche sur cette terre. Paul a mangé plus de misère que les autres n'ayant
qu'un bras. Il a beaucoup ramassé de roches. Même dans les côtes.
La charrue c'était les anciennes charrues à manchons attelés derrière le
cheval. La herse était en bois en forme de triangle auquel on y perçait des
trous et mettait des "pines" de fer. Au début il y avait beaucoup de petits
tas de roche. On semait à la main. On mélangeait le mil avec le trèfle.
Octave avait le tour de semer le mil (graine très fine) à la main de façon
que ça pousse égale. On semait aussi le sarrazin, l'avoine et l'orge. Le blé
ne poussait pas bien sur cette terre.
Venu le temps des foins, au début il fallait le faire à travers les
souches à la faulx. Plus tard quand il y eu suffisamment de champs essouchés,
on acheta une faucheuse attelé derrière un cheval. La faucheuse avait 4 pieds
de large. C'était moderne pour l'époque. Les champs avec des souches
servirent par la suite de pacage pour les vaches. Après avoir fauché, le
lendemain on fanait le foin en le brassant avec une fourche. Un coup sécher
on faisait des bottes de foin. Puis on les mettaient en vailloches. Plus tard
on les mettaient dans la charrette pour les apporter dans la grange.
Plus tard venait le temps de récolter les semences. La méthode est
semblable à celle du foin. Dans la grange [dans la batterie] on battait le
grain au "flot" [fléau]. On battait l'automne quand il faisait froid. Ça se
battait mieux. Octave avait le tour de battre. Il ne connaissait pas d'autre
méthode. Ensuite il prenait une fourche et secouait ça. Et il ramassait le
grain. Ensuite il prenait un van (3 à 4 pieds de large) mettait le grain
dedans et allait au coin de la grange une journée qui ventait. Et il brassait
ça pour faire partir la balle. Plus tard on utilisa un crible. On y tournait
une manivelle pour actionner le crible qui secouait et brassait le grain dans
la batterie. Ensuite on portais le grain au moulin à farine. Plus tard on
utilisa un moulin à battre qu'on appelait un "horse power". On mettait un
cheval qui actionnait le moulin afin de moudre le grain. Encore plus tard il
y eu des moulins actionnés par deux chevaux qui étaient encore plus
puissants.
A l'époque on faisait des clos de perche. Ça coûtait rien de matériaux,
il y avait tellement de bois autour. On plantait deux piquets l'un près de
l'autre, puis on attachait les perches avec de la branches de noisettes. On
tordait ça autour des perches après les piquets pour que ça tienne.
Au début on commença avec une vache. En dernier Octave avait 15 vaches.
Quand Wilfrid s'est marié, Octave avait 7-8 vaches. Octave donna à Wilfrid
une vache, un cheval, et une voiture toute attelée, un buggy tout couvert
pour ses noces. Wilfrid resta encore un an chez son père après son mariage.
Octave ne fabriqua pas la voiture à cheval. Il l'acheta.
Une fromagerie se trouvait près de l'école du 6e rang. Tous les matins
Octave allait porter le lait avec ses chevaux et sa charrette. C'était avant
l'époque des bidons. On mettait le lait dans une canisse de 30 gallons. Avec
15 vaches Octave remplissait parfois 2 canisses de 30 gallons. Une canisse
pleine pesait environs 300 livres. On chargeait 300 livres à bras. De l'autre
côté du chemin il y avait une cabane à eau. On y mettait le lait pour qu'il y
reste froid. Le samedi soir on allait porter le lait à la fromagerie, puisque
le dimanche on ne travaillait pas.
Entre la maison et l'étable il y avait une porcherie. Elle contenait 4
ports. On y gardait une truie. Parfois avec les petits, dans la soue à cochon
il y avait jusqu'à 15 cochons.
On gardait jusqu'à 8 à 10 moutons. L'automne on vendait les petits. Venu
le printemps on tondait les moutons pour la laine, avec des ciseaux spéciaux
appele "force". C'était de gros clseaux. Ensulte on lavalt la laine. Puis il
fallait l'échiffé. Et on l'envoya au moulin pour la faire carder. (Où? je ne
sait pas.) Au début Vitaline la cardait elle même avec ses cardes. Ensuite on
filait ça.
Dans la maison il n'y avait pas l'eau courante. Octave avait une cabane à
eau de l'autre côté du chemin. Il charoyait l'eau dans une canisse et mettait
ça dans la maison l'hiver. La famille utilisait 1/2 canisse par jour. Sauf les
journées de lavage. Dans l'étable il y avait une pompe à eau à bras. Plus
pratique pour faire boire les animaux.
Derrière la cuisine d'été il y avait annexée à la maison, une grosse ched
à bois. Au rez-de-chaussée c'était la ched à bois et Octave y serrait ses
voitures à chevaux. A l'étage supérieure, on y entreposait le grain, et
Octave y avait son établi pour travailler le bois. C'est là qu'il fabriquait
ses meubles pour la maison, ou toutes sortes d'objets d'utilité. Il y avait
un passage pour se rendre à la ched à bois.
L'étable fut agrandi au fur et à mesure que le troupeau grandissait. En
dernier elle mesurait 30 pieds de large par 125 pieds de long. Aussi on lui
avait ajouté un pont de grange. Ainsi la batterie étant un peu plus haute, il
était plus facile de classer le foin dans les tasserie. On donnait le
meilleur foin au chevaux et le reste au vache et taurailles.
Octave Laroche était un des plus gros cultivateurs du coin. Il était fier
de ses chevaux et de ses voitures. "Les mieux arrimés dans leur boute".
C'était le premier à avoir une voiture avec les roues couvertes de "rubber".
C'est aussi les premiers à avoir un poêle de cuisine à cookerie. Il ont
acheté ce poêle vers 1913. Avant c'était un poêle à 2 ponts en grosse fonte.
Il y avait pas mal de chrome sur leur poêle à cookerie. Octave aimait mieux
son poêle à 2 ponts, qu'il utilisait toujours l'hiver. Ca chauffait mieux.
On tuait une vache où un cochon au début de l'hiver. On faisait du lard
salé. Si on avait trop de boeuf, on en vendait une partie. Le reste était
gelé par la saison hivernale.
Face à la maison il y avait un jardin qui allait jusqu'au chemin. Le
jardin était entouré d'une clôture en broche, piquet égale avec planche
dessus et sur le côté. Il y avait une rangée de 10 à 12 érables le long de la
cour. En dernier ces érables avait 2 pieds de diamètre. Erables que Wi1frid
avait plantés. Sur la terre il y avait un grand champ de patates. On en
vendait. Aussi dans la cave il y avait des patates à la grandeur. Il y avait
aussi un verger avec des pommes de toute sorte. Des précoces au tardives, et
des sucrés aux sures. Octave mangeait beaucoup, mais il travaillait fort
aussi.
Près de leur terre, sur le lot 103 du 6e rang, un bureau de poste fut
ouvert le 1 janvier 1913. Le bureau déservait 31 familles. Alors plus besoin
d'attendre d'aller au village pour recueillir le courrier, ou d'expédier une
lettre. Le bureau était tenu par Mme L. Garneau jusqu'en 1924, et Georges Côté
prit la relève jusqu'en 1929. Et Françis Grenier l'a tenu jusqu'à sa
fermeture en 1939.
Vers 1922 ou 1923, Octave se construisit une cabane à sucre. Il n'avait
pas encore exploité une érablière sur cette terre. Il exploita 1000
entailles. Il s'acheta un "champion" (évaporateur). Il était le seul dans le
rang à avoir cela à l'époque. Le champion mesurait 3 pieds de large sur 12
pieds de profond. Les voisins étaient tous curieux de voir cette nouvelle
invention.
Octave était très adroit à travailler le bois. Il construisit lui-même
ses bâtiments et ses meubles. Il équarrissait son bois de charpente et
n'utilisait pas de clous, mais faisait des chevilles de bois.

Le vieux couple se donne à Albert
Octave devenu vieux avait garder Armand pendant 2 ans depuis son mariage.
Armand ayant atteint l'âge de majorité qui était de 21 ans à l'époque,
celui-ci pouvait avoir quelque chose à son nom maintenant. Donc Armand acheta
la terre d'Albert au 4e rang de Ste-Hélène. Puis Octave donna sa terre à
Albert (juin 1929). Par contre Albert acheta une terre à Tingwick au rang
Craig. (lot 448,449,450,451) voisin de Napoléon Baril qui possédait un
moulin à farine et un moulin à scie en bas de la côte.
Les conditions de donation de la terre de St-Pau1, de Octave à Albert
étaient les suivantes: "Sa terre de St-Pau1 avec bâtisses tout les roulants
d'agriculture, le ménage, tous biens, meubles, argent, créances, billets et
autre valeur. Octave se réserve $800.00. A la charge de les garder chez eux
lui et Vitaline Montambeault. Leur fournir chambre à coucher...nourri,
chauffé, faire inhumé etc. droit à la jouissance d'un cheval avec voiture
propre et de saison." Finalement on déménagea à Tingwick l'automne 1929, et
plus tard Albert vendit la terre de St-Pau1. Puis Octave et Vita1ine finirent
leurs jours à Tingwick, dans la même paroisse où ils avaient débuté leur
première année de mariage en 1888. En 1938 toute la famille se rassembla pour
célébré leur 50e anniversaire de mariage, dans le rang Craig, de Tingwick.
Albert a vendu la terre de St-Pau1 à Donat Gosse1in en 1930. Celui-ci y
demeura jusqu'en 1945 pour s'installer lui aussi à Tingwick. Il est le père
des familles Gosselin de Tingwick.
Finalement Vita1ine décéda le 9 février 1940 âgée de 72 ans et 2 mois
chez son fils Albert. Et Octave décéda le 25 juillet 1940 âgé de 77 ans et 2
mois aussi chez son fils Albert. Tous les deux sont inhumés au cimetière de
Tingwick. Une épitaphe à leurs noms s'y trouve.